Notre diagnostic
Un système de santé qui n’est plus soutenable à règles constantes
La situation financière de l’Assurance maladie est devenue particulièrement préoccupante. En 2025, la Cour des comptes a qualifié la trajectoire des comptes sociaux de « hors de contrôle ». Le déficit de la Sécurité sociale s’est élevé à 23 milliards d’euros en 2025, soit le double de celui de 2023, et pourrait conduire à plus de 100 milliards d’euros de dette sociale supplémentaire d’ici 2029. Les dépenses courantes de santé atteignent 333 milliards d’euros en 2024, en progression de 3,6 % sur un an. Le déficit de la branche maladie du régime général, de 13,8 milliards d’euros en 2024, devrait atteindre 16 milliards d’euros en 2025.
La France consacre déjà des moyens importants à son système de santé, mais ce niveau de dépense apparaît de moins en moins corrélé à la satisfaction des Français quant à l’accès et à la qualité des soins. L’enjeu n’est donc pas de dépenser toujours plus, mais de dépenser mieux. Le vieillissement de la population, la progression des maladies chroniques et l’arrivée continue d’innovations médicales rendent indispensable une recherche accrue d’efficience, sans remise en cause d’un accès des patients à des soins innovants et de qualité.
C’est précisément dans ce contexte que le dispositif médical joue un rôle décisif. Derrière cette notion se trouvent des réalités très concrètes : un pacemaker qui régule le cœur, une prothèse de hanche qui redonne la mobilité, un tensiomètre connecté qui permet le suivi à distance, un cathéter qui rend possible une intervention moins invasive, la robotique qui accompagne le geste du chirurgien et permet au patient une récupération plus rapide et plus simple. À condition d’être reconnu pour ce qu’il est un investissement stratégique, et non une dépense à réguler toujours davantage le dispositif médical apporte des réponses structurelles aux défis de soutenabilité, d’accès aux soins et de transformation du système.
Il se distingue du médicament par plusieurs caractéristiques essentielles : sa valeur dépend des conditions d’usage, du geste professionnel, de son intégration dans les parcours de soins et de cycles d’innovation souvent plus courts. Il ne soulève pas les mêmes enjeux économiques, industriels ni organisationnels. Reconnaître ces spécificités est un préalable indispensable à toute politique publique cohérente en faveur du dispositif médical.
Les trois défis présentés dans les pages qui suivent sont étroitement liés. Ils appellent une réponse d’ensemble, structurée autour de mesures concrètes portées par la filière du dispositif médical pour contribuer à une politique de santé plus préventive, plus soutenable et plus attractive industriellement.
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